

Durant toute la période de l'enfance jusqu'à l'adolescence, l'enfant se construit en tant qu'individu en devenant de plus en plus indépendant vis-à-vis de ses parents. De 18 mois à environ 3 ans, l'enfant se construit et se différencie en passant par l'opposition.
L’âge du non, c’est la possibilité pour l’enfant de s’affirmer. Il dit " non ! " pour mieux pouvoir dire " oui ! " après. Il va apprendre à répondre à la demande qu’on lui fait. Le rôle des parents est de rester ferme sur des choses indiscutables : " On ne met pas les doigts dans les prises ", " On ne tape pas l’autre ", " On donne la main dans la rue ", etc. Si vous cédez toujours face à votre enfant, cela ne l’aidera pas à se construire. Ça ne le prépare pas à se confronter à la vie, à ses difficultés et à ses contraintes. C’est nécessaire voire même impératif de poser des limites.
Les parents sont là pour donner des règles pour que l’enfant puisse se construire. Et c’est aussi comme ça qu’ils transmettent des valeurs, expliquent les choses importantes à leur enfant.
C’est une étape incontournable du développement de l’enfant, car ça fait partie de l’affirmation de soi, l’enfant va marquer son territoire. On ne peut pas y échapper, c’est une étape à franchir. Il est important de ne pas se vexer en tant que parent. Il ne faut pas en en rire non plus. Le " non ! " deviendrait alors un jeu pour l’enfant et l’autorité du parent serait remise en cause.
On parle souvent de ces crises et de ces limites de façon négative, mais il est important de rappeler que c'est aussi à cette période qu'il intègre les retombées positives de ses comportements.
Il peut également exprimer ce qu'il veut, ne veut pas ou encore ce qu'il ressent en utilisant le langage qui se développe énormément à cette période.
Il l'a tout à fait compris : il peut désormais exercer ce pouvoir que vous seuls pouviez exercer avant sur lui.
Parfois, on n’a pas le temps d’expliquer mais il est nécessaire de dire à son enfant : " Je comprends que tu ne sois pas d’accord, mais c’est comme ça ". Notamment quand il s’agit de points sur lesquels on ne peut pas transiger (manger, s’habiller, donner la main...).
Mais il est important de faire attention au contexte et de s’y adapter. Si votre enfant ne veut pas s’habiller, il est important de lui faire comprendre l’urgence du temps et les règles à respecter. C’est nécessaire de donner des limites et accepter de faire des compromis quand c’est possible. Il est important aussi d’anticiper et de prévenir l’enfant et pouvoir ainsi dire : " C’est interdit et je l’ai déjà dit ".
Il est important de vivre cette période d’affirmation de l’enfant sereinement et de la recevoir comme l’occasion d’échanger avec son (sa) conjoint(e) pour compléter les règles éducatives du foyer. La cohérence éducative entre les conjoints est primordiale. Si les parents ne sont pas d'accord entre eux, l'enfant le comprendra très vite et s'engouffrera sans scrupules dans la faille... L’enfant a besoin de limites pour grandir, il ne cessera pas d’aimer ses parents si ceux-ci lui mettent un cadre, au contraire. Il faut qu'il apprenne à gérer petit à petit les frustrations.
Il est important de définir des règles mais aussi de responsabiliser l’enfant. Par exemple : " Tu vas mettre tes chaussures car je ne peux pas arriver en retard à mon travail ". C’est important de faire comprendre la suite, de l’aider à se projeter en ajoutant : " Et tes amis t’attendent ". On propose alors un projet immédiat, une suite logique qui peut l’aider à passer ce moment.
Une autre méthode consiste à parler de soi : " Est-ce que tu crois que ton papa, quand il était petit, il n’aimait pas s’habiller ? On lui demandera ce soir." L’enfant comprendra alors que ses parents ont aussi été des enfants comme lui et qu’ils ont dû respecter les mêmes règles que lui à son âge.
Il est essentiel que les parents conservent leur rôle d'éducateurs. Un conseil : éviter de s'enfermer dans des explications sans fin lorsque l'enfant discute une décision. «Parents et enfants ne sont pas des alter ego, précise le psychiatre. Il n'y a donc aucune raison de négocier avec lui comme avec un égal pendant la phase d'opposition de l'enfant ».
Si les manifestations oppositionnelles persistent, prennent des formes multiples (colères, contestation permanente, refus de participer à la vie collective quotidienne...) et perturbent l'entourage social ou familial de l'enfant, il peut être opportun de consulter un spécialiste.
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