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À deux on dit : jumeaux!

À deux on dit : jumeaux!

On parle souvent de la relation fusionnelle que les jumeaux ont ensemble. Ne soyez pas déçue ou inquiète si vos enfants se chicanent. Cette relation particulière qui unit les jumeaux n’est pas innée, mais bien acquise.

À force de vivre ensemble, d’apprendre à se connaître, ils développeront un lien particulier, mais ils ont besoin de temps. Les jumeaux sont des individus uniques, qui ont eu la chance de naître en même temps. Ils possèdent chacun leur personnalité et doivent apprendre à vivre avec celle de l’autre.

Exposés au même type d’éducation, aux mêmes gens, aux mêmes expériences, ils développeront des opinions et des goûts qui se ressemblent. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont à l’abri des conflits! Mais rassurez-vous : cette période, particulièrement difficile pour les parents, est la plupart du temps éphémère. Plus ils grandiront, mieux ils arriveront à régler leurs petites chicanes entre eux.

Les liens

La première forme de lien est celle qui s'établit entre la mère et l'enfant. Elle répond à une nécessité pratique (alimentation, soins corporels, etc.) mais aussi, indissociablement, émotionnelle et affective, essentielle dans le développement de l'enfant. Ce premier lien contribue à donner à l'enfant un sentiment de sécurité ou de peur, de réciprocité ou d’indifférence! Et c'est de lui que dépendra sa reconnaissance de soi et du milieu, de même que l'ensemble des autres liens (affectifs, professionnels, etc.) qu'il nouera ultérieurement.

Puis, en ce qui concerne les jumeaux, le premier vrai contact, est celui de son jumeau. Donc, en quelque sorte, ce raisonnement de liens physiques ou/et affectifs aurait tout de même un sens pour les jumeaux. En effet, ils passent toute une vie utérine ensemble, ils échangent des liens, des vécus, etc. Puis, plus tard, hors du ventre de la mère, ils passeront par la quasi-totalité des épreuves au même moment.

Les types de relations

Il est important de savoir qu’il y a 3 types de relations entre les jumeaux. C’est par le biais d’observations que nous pourrons le savoir et par le fait même mieux les comprendre et les accompagner.

1. Relation fusionnelle :

Certains jumeaux entretiennent une relation fusionnelle. Les jumeaux, qui se trouvent dans cette catégorie de relation, ressentent le besoin permanent d’avoir la présence physique de l'autre. Parfois même, cette relation fusionnelle se traduit par le fait que les jumeaux ne parviennent pas à vivre l'un sans l'autre. Dans certains cas, les jumeaux éprouvent un énorme sentiment de peur de perdre son jumeau ou en d’autres mots, son tout. Lorsque, malheureusement, il y a le décès d’un des jumeaux, l’autre le vit extrêmement mal.

Pour les jumeaux fusionnels cette perte est plus accentuée, c’est comme si leur monde venait de s’écrouler, ils peuvent perdre l’envie de vivre, ils sont complètement bouleversés voire désorientés. Ce que nous pouvons donc voir à travers ceci c’est qu’une des conséquences que peut créer une relation fusionnelle est la dépendance l'un de l'autre.

En effet, pour les jumeaux, le fait de savoir qu’ils ont quelqu'un là pour eux toujours présent, est un sentiment rassurant, sécurisant. D'une certaine manière cela leur permet de mieux affronter les problèmes de la vie, d’être plus forts, etc. car ils se sentent constamment épaulés et compris. Les jumeaux traversent ensemble et presque tout le temps aux mêmes moments les différentes épreuves de la vie. Les jumeaux au type de relation fusionnel ont tendance à se refermer un sur l’autre et à ne pas se mélanger aux autres individus.

2. Relation dominant-dominé :

Dans cette relation là, un des deux jumeaux sera donc le « dominant » et l’autre le « dominé ». On peut généralement voir ce type de relation là chez les jumeaux dizygotes et de sexes différents ou la fille sera plutôt considérée comme celle qui mène son frère. Lorsque les jumeaux entretiennent cette relation de dominant-dominé il se peut qu’il y ait des rapports conflictuels entre eux, car il y aura toujours un qui mènera l’autre ou qui décidera pour les deux, en somme il aura un peu le rôle de « chef ». Il sera donc prépondérant sur son jumeau. Tandis que l’autre fera tout comme lui, il sera donc en quelque sorte le « suiveur » et aura le rôle de « secondaire » dans la relation. Attention! Les jumeaux peuvent ne pas avoir cette impression de dominance, pour eux cette relation est « normale », il en va de soi que l’un prenne le devant et le dessus sur l’autre.

Souvent ce sont les personnes de l’extérieur qui, d’un œil critique et observateur parviennent à mieux qualifier et distinguer le « dominant » et le « dominé ». Effectivement, l’effet dominant peut être mauvais voire néfaste pour l’un des jumeaux car cela va à l’encontre d’un souci d’égalité entre eux étant donné qu’un sera « un pas en avant de l’autre ». De plus, un des jumeaux a toujours un caractère beaucoup plus prononcé que l’autre, il aura donc tendance à être le dominant. Il se peut toutefois que les rôles ne coïncident pas toujours dans toutes les situations, par conséquent, ce ne sont pas des rôles définitifs.

3. Relation effet de couple :

Chez les jumeaux, il se passe un phénomène qu’on appelle « l’effet de couple ». D’une manière générale la personnalité de chaque individu a tendance à se construire en se basant et en s’appuyant sur celle des autres. Un garçon habituellement prendra pour exemple et pour héros un grand frère, un cousin plus âgé voire dans certains cas le propre père. Il en va de même pour la gente féminine, qui elle prendra pour modèle une autre femme.

Pour les jumeaux, ce qui se passe c’est qu’ils auront tendance à construire une personnalité en regard de l’autre. Isolement plus marqué. Et d’une façon plus générale que deux jumeaux, garçons et fille, ont tendance à former couple beaucoup plus que deux jumeaux de même sexe. De plus, l’élément de timidité joue très souvent un rôle important. Les jumeaux ont tendance à créer une relation de couple dans laquelle leur personnalité se crée en fonction de celle du jumeau ce qui fera qu’ils vont s’auto suffire et se compléter l’un et l’autre.

Pour l’entourage des jumeaux, une telle relation peut être parfois mal vue, incomprise et préoccupante. En effet, afin que chaque jumeau puisse être librement lui-même et ne pas dépendre de l’autre, les proches jouent un rôle important. Il faut aider les jumeaux à couper entre eux le cordon ombilical, à s’émanciper l’un de l’autre.

Les jumeaux aussi ont des désaccords

Même s’ils sont deux et doivent déjà partager une maman et un papa, les jumeaux ont eux aussi une vision égocentrique du monde et auront, dès lors, de la difficulté à partager. Petit à petit, ils réussiront à mettre des mots sur ce qu’ils ressentent et ils réaliseront qu’ils font bien partie du monde, mais que tout ne tourne pas autour d’eux. Mais avant ça, il se peut que la relation des jumeaux soit un peu difficile. D’une part, contrairement à des frères et sœurs d’âges différents, les jumeaux traversent les mêmes phases en même temps. (Oui, deux « terrible two » dans la maison!) De plus, lors de la phase de « complémentarité », les jumeaux auront tendance à se tester mutuellement, afin de développer leur propre personnalité. Cette période de test peut bien sûr passer par la force physique.

Tout en double?

Pour éviter les conflits, vous pourriez être tenté de tout avoir en double. Deux exemplaires de chacun des jouets : terminé, la chicane! Il est certainement désagréable d’avoir à intervenir sans cesse parce que vos petits sont en conflit toutes les deux minutes, mais il s’agit néanmoins d’une étape importante de leur développement. Si vous ne le faites pas maintenant, vous en payerez les conséquences plus tard. Encouragez-vous : les jumeaux apprennent à partager à la maison, mais ces aptitudes seront aussi utiles à la garderie ou à l’école. Donc, pas besoin d’avoir deux exemplaires de tout : mais vous pourriez vouloir dédoubler les objets qui causent toujours des conflits.

Installer deux aires de jeux distinctes pourrait aussi vous aider. Ils sont jumeaux, soit, mais ils ont eux aussi besoin de jouer seuls, de temps à autre. Ceci ne veut pas nécessairement dire d’avoir deux pièces séparées : vous pourriez tout simplement diviser le salon en deux : Nathan joue à gauche, et William, à droite.

Maintenant que vous en savez plus sur les jumeaux. Doit-on les séparer ou les laisser dans le même groupe? Une question difficile, tout dépendant des enfants; comme vous l’avez vu précédemment il y a des enfants jumeaux ou jumelles qui vont naturellement vers les autres. N’oubliez pas qu’il y a aussi le point de vue des parents à respecter. La question de la séparation demande une analyse approfondie celle-ci renforcée par des observations.