ose ton truc
Créer un lien avec un arrivant

Créer un lien avec un arrivant

Le lien de confiance est toujours le premier élément à travailler en intervention avec toute clientèle confondue. Avec l’immigrant, il peut être plus long à tisser et peut demeurer fragile sur une très longue période. Il se construit avec le temps, au fil des réussites, mais aussi à partir de l’ouverture d’esprit. L’intervenant ne peut avancer ou travailler avec quelqu’un qui ne le souhaite pas ou qui n’est pas prêt. Il peut offrir son aide, son temps, son écoute, mais il faut que les deux personnes soient prêtes à travailler ensemble et non pas en parallèle.

 

Le lien de confiance

Dans la majorité des cas, la personne immigrante accorde beaucoup d’importance à la relation humaine dont fait preuve l’intervenant à son égard. Se présenter comme une personne et non un expert permet de bâtir le lien plus facilement. De plus, lorsque l’intervenant adopte une attitude chaleureuse et accueillante, il pose les premières bases nécessaires à l’établissement d’un lien de confiance.

Pour tisser un lien de confiance avec la personne immigrante, un travail vers des valeurs communes est une façon de briser la glace et d’atténuer les écarts possibles qu’ils soient liés à la langue, à la culture, à l’âge... La confiance peut donc se bâtir en créant un pont culturel entre l’intervenant et l’immigrant. Il devient gagnant d’identifier des ressemblances concernant par exemple, la musique, l’alimentation et de les mettre en relief.

Le réfugié doit réapprendre à faire confiance car il a souvent perdu la confiance de base en l’être humain dû aux souffrances parfois inimaginables qu’il a vécu. L’intervenant doit aussi tenir compte des héritages culturels de la personne dans certains domaines tels que les relations hommes-femmes, l’éducation, la sexualité. Cet héritage peut avoir une influence importante sur la relation de confiance et les résistances. Parfois, la résistance de la personne immigrante peut provenir de la peur que toute « la communauté » connaisse sa situation, ses problèmes et son histoire personnelle. Il est alors important que l’intervenant reprécise son obligation à respecter la confidentialité.

La collecte de données

L’étape de la collecte de donnée est essentielle, elle est fondamentale dans la planification des services. Avoir un bon portrait de la situation et identifier par où cette personne est passée dans son parcours migratoire permet de mieux comprendre qui elle est. Elle doit se faire d’une façon structurée et organisée. Il est nécessaire que la collecte de données soit adaptée à chaque discipline et dans chaque domaine de pratique.

Plusieurs personnes immigrantes ont nommé à plusieurs intervenants comment il est difficile de répéter leur histoire à plusieurs reprises. Bien souvent, cette histoire réfère à de nombreuses ruptures, de nombreuses pertes et la souffrance vécue laisse des traces ineffaçables. Il n’est pas recommandé à l’arrivée de retourner à multiples reprises dans cette souffrance. Il arrive que les personnes immigrantes aient une forte réaction lorsqu’elles sont questionnées sur leur pays d’origine. Elles ont parfois le sentiment d’être entre deux références sociales et culturelles, de n’être définitivement établies nulle part, d’être assises entre deux chaises, dans une situation inconfortable, de n’être ni d’ici ni d’ailleurs.

 


TABLE ENFANCE JEUNESSE FAMILLE DE TROIS-RIVIÈRES 2015, Tous ensemble pour faire une différence : Guide d'accompagnement des nouveaux arrivants : documents de travail.