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Des nouveaux amis, de nouvelles cultures

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Des nouveaux amis, de nouvelles cultures

Les premières études sur la capacité de l’enfant à discriminer racialement datent de 1939. Depuis, de nombreux chercheurs se sont penchés sur le comportement à caractère raciste de l’enfant et ses effets. Une étude menée par Ausdale et Feagin en 2001 suggère que les enfants sont capables de faire une distinction raciale entre les individus, et faire une discrimination basée sur la race ; et ceci dès l’âge de 3 ans. 

Les facteurs de stress comme la discrimination raciale affectent le bien-être d’un individu à long-terme. De plus, ils modifient le développement du cerveau et forment une connexion nerveuse entre les différentes régions. C’est pourquoi la petite enfance est une période si cruciale et délicate.

Différencier racisme projeté ou normatif

Pour Marie-Rose Moro, auteure de Aimer ses enfants ici et ailleurs, il y a deux origines possibles au racisme chez les enfants. «La première et la plus fréquente est liée à l'environnement: c'est ce que j'appelle le racisme projeté. L'enfant a entendu des propos racistes, assumés ou plus implicites, et il les reprend à son compte. Cela arrive fréquemment chez les plus petits qui n'ont pas encore développé d'esprit critique ou de jugement moral», explique la pédopsychiatre.

«Le racisme peut également s'expliquer par le besoin de ressemblance ressenti par les enfants, entre 6 et 10 ans, c'est que j'appellerais un racisme normatif. Il correspond à un moment du développement où l'enfant va être rassuré par ce qui est familier et craindre ce qui est différent. Il s'agit d'ailleurs d'une période clé dans l'éducation contre le racisme et pour l'altérité. C'est une peur de l'inconnu qui peut passer très rapidement si les parents expliquent qu'on peut être différents de par notre couleur de peau, nos cheveux ou nos yeux, mais néanmoins égaux. La différence étant perçue par les enfants, il ne s'agit pas de la nier mais de l'expliquer sans pour autant justifier une quelconque hiérarchie.»

Aborder le racisme de façon ludique avec les enfants de 3 à 5 ans peut être très aidant. En voici 3 exemples:

 

1. Familles de pâtes

Matériel : des pâtes de différentes formes et des variétés de légumes colorés
Durée : plus ou moins 30 minutes
Nombre de joueurs : 1 et plus


Placez les légumes et les pâtes (spaghetti, macaroni, lasagne, penne, coquillette…) dans un grand récipient. Encouragez les enfants à explorer les pâtes mélangées dans le grand récipient. Discutez avec eux des différentes formes, couleurs et tailles.
Demandez aux enfants de trier chaque variété de pâtes et de légumes dans des contenants plus petits. Demandez ensuite aux enfants de décrire une caractéristique particulière pour chaque variété de pâte ou de légume : long, orange, plat, en forme de coquille, etc.


Discutez avec les enfants de l’idée que si les variétés de pâtes et de légumes semblent différents, ils ont aussi beaucoup en commun comme les ingrédients, la fabrication, la cuisson, la valeur nutritionnelle et le fait qu’ils appartiennent tous à la famille des pâtes ou des légumes.

Demandez aux enfants de coller les pâtes sur des feuilles épaisses dans n’importe quelle position, comme ils le souhaitent. Ils peuvent utiliser une ou plusieurs variétés.

Cette activité encourage les enfants à reconnaître que nous avons tous de nombreuses différences, mais aussi de nombreuses caractéristiques en commun.

2. Un conte pour discuter

Matériel : le texte du vilain petit canard
Durée : de 15 à 30 minutes
Nombre de joueurs : 1 et plus


Lisez le texte du Vilain petit canard (ou une histoire similaire) aux enfants comme un stimulant pour la discussion. Faites des arrêts appropriés tout au long de l’histoire pour mettre en évidence le traitement du caneton par les autres animaux.
Discutez avec les enfants : pourquoi n’ont-ils taquiné que lui ? Était-ce juste ? Comment il se sentait ?


Demandez aux enfants de décrire comment le caneton se sentait quand il était jeune et rejeté, puis quand il était plus âgé et accepté.

Cette activité encourage les enfants à reconnaître les situations injustes.

3. Les groupes de couleurs

Un petit jeu de mise en situation réalisable aussi avec les enfants de 6 à 12 ans.

Matériel : variable selon le traitement choisi
Durée : aléatoire
Nombre de joueurs : 3 et plus


Le jeu des groupes de couleur enseigne aux enfants ce qu’est la discrimination.

Divisez les enfants en trois groupes aléatoires, une couleur est assignée à chaque groupe sur laquelle un traitement spécial est basé : le groupe vert reçoit un traitement royal, le groupe orange un traitement normal et le groupe rouge un moins bon traitement. Par exemple, le groupe vert reçoit un bonus spécial pour son repas, tandis que le groupe orange a un repas normal et que le groupe rouge doit préparer seul son repas et nettoyer toutes les tables.

Par la suite, les groupes s’assoient ensemble et discutent de savoir si c’était juste qu’un groupe obtienne un traitement préférentiel, si un groupe méritait un moindre traitement, et de la façon dont ils se sentaient quand leurs amis ont eu plus / moins qu’eux.