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L'arrivée au Canada

L'arrivée au Canada

L’immigration économique est un choix réfléchi. Par contre,il en est autrement pour les réfugiés. Ils sont amenés à quitter un pays ou une région dans lequel ils sont en danger par rapport à une guerre, leur opinion politique, religieuse ou leur engagement social. Ils n’ont souvent que quelques jours ou quelques heures pour préparer leur départ, une fois la nouvelle reçue de leur prise en charge par le Canada. Ils n’emportent que le strict minimum et la visite médicale préparatoire à leur voyage n’excède souvent pas quelques minutes. Lors de leur arrivée au Québec, ils reçoivent le statut de résident permanent et sont dirigés dans une des villes d’accueil qui les prendra en charge.

Les chocs de l'immigration

Dès leur arrivée au Québec, le premier choc est vécu lors du contact avec une culture, un pays, des référents au temps et à l’espace qui diffèrent. Que l’immigrant soit réfugié ou économique, il n’est jamais préparé car tout est nouveau, tout est différent.

Le choc augmente donc le stress et diminue la capacité d’adaptation de l’immigrant. Ce stress peut avoir plusieurs effets. Au niveau cognitif, on peut constater « une diminution de l’attention, détérioration de la mémoire, augmentation du taux d’erreur, faible capacité à planifier et organiser et des troubles de la pensée ». Sur le plan émotionnel, le stress peut amener « une augmentation des tensions physiques et psychologiques, modification des traits de personnalité, affaiblissement des contraintes morales et émotionnelles, dépression et sentiment de désespoir, diminution de l’estime de soi, etc. ». Enfin, il peut aussi survenir des effets sur les comportements généraux tels que « l’aggravation des troubles de la parole, diminution de l’enthousiasme, absentéisme, recours aux drogues, baisse du niveau d’énergie, sommeil perturbé, nouvelles informations ignorées, comportements bizarres, distraction, augmentation de l’agressivité verbale et physique, troubles du comportement, etc. »

Dans les mois qui suivront l’arrivée, le deuxième choc est vécu par la famille, entre l’image qu’ils se faisaient du Québec et la réalité. Les premiers doutes et les premières déceptions arrivent : une langue difficile, une difficulté d’accès au marché du travail, des logements peu nombreux pour de grandes familles, un climat saisonnier où la température varie de -30 degrés Celsius à plus 30 degrés Celsius en quelques mois. Le troisième choc est celui de la remise en question des valeurs familiales, des rôles parentaux et le modèle familial qui subit des modifications. Les enfants ou les adolescents ont en quelques mois, appris ou maîtrisé la langue que leurs parents ou grands-parents mettront des années à apprendre, parfois n’y parviendront jamais. Le lien d’autorité est fragilisé. L’enfant assume une part des tâches et est souvent la personne qui se débrouille le mieux dans sa nouvelle culture. Il devient un pivot au sein de sa famille. Il aide ses parents autant sinon plus qu’il ne reçoit de leur part. Souvent, le parent veut retrouver son enfant tel qu’il était avant l’immigration avec les mêmes valeurs à travers lesquelles il a été éduqué. Mais cet enfant, lui, veut être accepté à l’école et il s’adapte à son environnement de par son habillement, son langage et ses intérêts.

Aussi un troisième choc sera observé au niveau du noyau familial. Celui-ci aura tendance à subir des pressions voire même à éclater alors qu’à l’arrivée, un rapprochement s’était opéré. On peut observer, principalement dans des sociétés patriarcales, « forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes » , que le rôle paternel, son autorité et sa responsabilité économique, sont ébranlés par un changement de référent culturel, une difficulté d’apprentissage du français, des échecs (répétés ou non) de recherche d’emploi dans leur domaine d’étude ou dans leurs champs de compétences.

Le rôle maternel est lui aussi appelé à être modifié. D’un rôle de soutien au père et d’éducation aux enfants à la maison, la mère peut devenir une personne de référence pour l’école en lien avec l’encadrement de ses enfants; pour les organismes communautaires de par son implication bénévole, la traduction qu’elle effectue pour sa communauté ou l’utilisation des services. Elle devient également souvent une source de revenus financiers en se trouvant un emploi, souvent voulu temporaire en attendant que son conjoint se trouve un emploi en lien à son domaine d’étude ou dans ses champs de compétences. Ce travail devient une source essentielle pour la famille. Toute cette implication et modification des rôles familiaux amènent la mère à jouer un rôle prépondérant au sein de la nouvelle culture de référence.


TABLE ENFANCE JEUNESSE FAMILLE DE TROIS-RIVIÈRES 2015, Tous ensemble pour faire une différence: Guide d,accompagnement des nouveaux arrivants: documents de travail.