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Les arrivants et les difficultés rencontrées

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Les arrivants et les difficultés rencontrées

Les familles immigrantes vivent un processus d’adaptation en quatre temps. Avant leur immigration, ils passent d’une situation familiale initiale à une situation tendue qui entraîne une fatigue psychologique par des questionnements sur leur immigration, des attentes par rapport à cette immigration ou leur vécu en camp de réfugiés. Cette période de transition avant l’arrivée au Québec peut prendre plusieurs mois voire plusieurs années; ce qui amène, lors de leur arrivée, un resserrement de la famille.

Tout le monde souhaite vivre l’expérience comme un nouveau départ pour la famille, une lune de miel et oublier les questionnements ou les vécus antérieurs pour repartir à zéro.

Au même moment, une phase de surcompensation peut apparaître, entraînant de nouveaux comportements, de nouvelles pratiques de consommation et d’adaptation à la nouvelle culture. Elle peut durer de 2 à 5 ans avant de s’estomper progressivement pour permettre à la famille de trouver une nouvelle situation où chacun tend à reprendre sa place; comme dans la situation initiale avec les nouveaux acquis issus du processus d’immigration et d’acculturation.

Problématiques observées

Quelques mois après l’arrivée au Québec, des difficultés importantes dans la vie des immigrants ont été observées par divers milieux. Par exemple :

  • La dissolution des rôles parentaux : Monsieur X est arrivé au Québec comme réfugié au milieu des années 2000 avec sa femme et ses 3 enfants. Après avoir finalisé un diplôme universitaire au Québec, il est actuellement toujours en recherche d’emploi. Sa femme, qui élevait ses enfants à la maison, a pris un emploi comme préposée aux bénéficiaires de nuit afin de leur permettre de payer le loyer, les factures et d’économiser pour des études collégiales et universitaires pour les enfants. Madame X a pris une place essentielle pour l’intégration socioéconomique de sa famille. Le rôle parental de M. X qui n’a pas encore terminé ses études a été remis en question. Des modifications ont été engendrées par un choix familial qui se voulait temporaire jusqu’à l’obtention de son emploi mais qui dure maintenant depuis plusieurs années.

  • Le divorce : Monsieur et Madame T sont arrivés comme réfugiés avec leurs 2 filles. Après quelques années d’intégration socioéconomique de la famille et au passage de l’école secondaire, Madame T a décidé de divorcer pour échapper à la violence psychologique qu’elle subissait. Faute de connaissance du français, ce sont ses deux filles qui l’ont renseigné sur ses droits et libertés et qui l’ont réconfortée dans cette étape. De par son éducation et sa religion, le divorce n’était pas une solution qu’elle avait envisagée, mais pour son bien et celui de ses filles, elle s’est décidée à le faire.

  • La violence: Monsieur S, 14 ans, a de la difficulté à l’école et a été suspendu plusieurs fois pour des faits de violence verbale et physique. Outre sa crise d’adolescence, il vit régulièrement de l’intimidation de par son origine ethnique. De son vécu antérieur dans les camps de réfugiés, il fait régulièrement des cauchemars. Le manque d’outils à sa disposition et de moyens pour gérer son stress adéquatement se répercute dans son comportement et dans la violence dont il fait preuve.

  • La dépendance:Monsieur P buvait régulièrement pour oublier la violence physique qu’il avait subie dans son pays d’origine lors de la guerre civile. Sa dépendance s’accentuait de mois en mois et la sécurité de ses enfants devenait préoccupante. Après un suivi personnalisé et une formation sur la gestion des émotions, il vit actuellement avec ses enfants et sa femme dans un nouveau quartier près de l’emploi qu’il s’est trouvé.

  • Les problématiques de santé mentale: Madame Z est arrivée au Québec comme immigrante économique avec son conjoint. Elle a été confrontée aux dures réalités de l’hiver québécois et a vécu isolée faute d’amis de sa communauté, de connaissances québécoises et de l’absence de sa famille proche. Elle a vécu une dépression dans sa première année. Après avoir pris du repos, elle a développé son réseau social en s’impliquant bénévolement dans un organisme communautaire et en s’inscrivant dans une activité de loisir donnée dans son quartier. Elle a maintenant un réseau d’amis québécois et d’immigrants. Grâce à ces deux initiatives, les hivers ne sont pas trop longs.

 

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TABLE ENFANCE JEUNESSE FAMILLE DE TROIS-RIVIÈRES 2015, Tous ensemble pour faire une différence : Guide d'accompagnement des nouveaux arrivants : documents de travail.