ose ton truc
Un père, une mère, des différences importantes

Partager :

Un père, une mère, des différences importantes

Dans le domaine de la psychologie familiale, les pratiques éducatives sont définies comme l’ensemble des différents moyens qu’adoptent les parents pour éduquer et socialiser leur enfant (Hamel, 2001). Habituellement, on entend par pratiques éducatives (PÉ) les dimensions comme l’engagement, la supervision et la discipline (Frick, Christion et Wooton, 1999). 

Différences entre les pratiques éducatives des pères et celles des mères

La première différence est que les mères et les pères ne s’engageraient pas de la même manière auprès de leurs enfants (Pleck, 2004). Cette constatation se confirme particulièrement quand on regarde le temps consacré aux soins des jeunes enfants, où les mères sont toujours les grandes gagnantes (Lee, Vernon-Feagans, Vacquez et Kolak, 2003). Au-delà du temps accordé aux enfants, les données rapportent également des différences dans le type d’interactions père-enfant et mère-enfant.

Les mères

Les mères semblent plus orientées vers les aspects affectifs, les soins et l’apaisement, surtout avec les enfants les plus jeunes (Lamb, 1996), vers une plus grande utilisation du langage parlé et un plus grand partage de l’information et du contrôle avec les enfants (Leaperet al., 1998).

Une mère est toujours fière de son enfant, qu'importe ses choix ;

Une mère n'a soudainement plus faim quand il reste une seule part de gâteau, elle se sacrifie pour vous à chaque instant ;

Une mère connaît par coeur, même les pires habitudes et aime quand même;

Une mère encourage toujours à suivre les rêves et envies ;

Une mère sait détecter quand quelque chose ne va pas, et ne se prive pas pour vous le demander ;

Une mère ne peut s'empêcher de vanter la réussite de son enfant ;

Une mère n'oublie jamais un anniversaire, elle n'a pas besoin de rappel ;

Une mère viendra toujours vous voir, qu'importe où vous habitez ;

Une mère écoute les problèmes quotidiens et les histoires au quotidien ;

Une mère connaît par coeur vos goûts culinaires et sait  préparer des plats comme personne ;

Une mère ne reste jamais longtemps énervée contre son enfant, elle pardonne toujours ;

Une mère fera remarquer si son enfant prend du poids mais vous aimera toujours pour autant ;

Une mère est toujours une des premières personnes que l'on appelle pour annoncer une bonne nouvelle.

Les pères

Les pères, quant à eux, semblent plutôt orientés vers un registre de soutien qui permette aux enfants de faire face aux défis et à certaines tâches (Dumont et Paquette, 2008), ils encourageraient concrètement leur autonomie (NICH, 2004), ils seraient plus directifs et utiliseraient un langage plus utilitaire (Rogé, 1997).

Les pères seraient également plus exigeants sur le plan cognitif (LeChanu et Marcos, 1994) et sur le plan de la discipline (Volling, Blandon et Gorvine, 2006; Winsler, Madigan et Aquilino, 2005) et davantage en accord avec l’utilisation de la punition corporelle (Clément, Chamberland, Côté, Dubeau et Beauvais, 2005). Plusieurs différences semblent également apparaître dans le domaine du jeu. 

Alors que la mère initie surtout l’enfant à des jeux fonctionnels, c'est-à-dire qui ont un rapport avec l’usage habituel des objets, le père, lui, s’amuse davantage avec son enfant en l’initiant à des usages inhabituels de ceux-ci, en décalage avec la fonction normale des objets utilisés (Labrell, 1996; Lamb, 1996). Par exemple : apprendre un instrument de musique, faire la cuisine, faire de petites réparations, peindre la galerie, faire le ménage du garage, assembler un meuble ou réparer un objet, faire une balade en voiture, aller au cinéma, voir un match sportif, aller au restaurant, aller au musée, etc. avoir un projet commun (une boîte à savon, une niche pour le chien, une bibliothèque pour la salle de jeu), bâtir quelque chose de ses mains procure une grande fierté et demande de la détermination.

Bon à savoir

Près de deux millions d'enfants sont aujourd'hui élevés sans père. Le chiffre est important. Est-il nécessairement inquiétant ? Y a-t-il des conséquences psychologiques à redouter d'une éducation strictement maternelle ? A-t-on vraiment besoin d'un père et d'une mère pour grandir ?

Les parents échangeant de plus en plus souvent leur rôle, se partageant les tâches, donnant tour à tour biberons et câlins, on serait volontier tenté de conclure que chacun peut pallier l'absence de l'autre. Et quand l'absent est le père - ce qui est le cas dans 13 % des familles - la mère ne doit guère avoir de peine à le remplacer. Il devrait suffire de savoir hausser la voix, jouer au ballon et dire non de temps à autre... Pas si simple ! Les spécialistes de l'éducation sont formels : il y a danger à confondre les rôles parentaux, risque à les croire interchangeables. Aldo Naouri, pédiatre parisien, connu depuis la sortie en 1985 d'un ouvrage alarmant, « Une place pour le père », a relancé le débat en publiant cet été « Le couple et l'enfant » (aux éditions Odile Jacob). Un ouvrage dans lequel il définit la fonction spécifique de chacun des parents et réclame une place pour chacun d'eux, mettant en garde ceux qui voudraient les mêler, ou croire qu'on peut aisément se passer de l'un d'eux. Sa conclusion est péremptoire : on a besoin de deux parents pour grandir. 

En savoir plus